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Mon invitée du jour est pétillante et ô combien précieuse pour moi, car c’est en partie grâce à elle que je suis devenue coach et consultante en gestion de carrière ! C’est en effet avec Marie que j’ai réalisé mon bilan de compétences et elle qui m’a fait découvrir ce métier aujourd’hui si cher à mon cœur. Alors que j’imaginais que Marie deviendrait ma collègue après avoir finalisé ma reconversion. Quelques mois seulement après avoir croisé sa route, Marie a décidé de fermer son centre de bilan de compétences. Si sur le coup, je dois bien l’avouer, ça m’a fait un petit choc, car je n’y étais pas préparée ; je me suis régalée à suivre sa reconversion qu’elle a documentée sur son compte Instagram. Ce qui peut paraître le plus surprenant, c’est le choix audacieux que Marie a fait de fermer le chapitre de son cabinet et de cesser son activité sans avoir aucune idée de la suite qu’elle donnerait à sa carrière. Elle revient aujourd’hui à mon micro pour nous parler des différentes étapes qui constituent son parcours et nous dire comment elle a vécu cette phase de reconversion en tant qu’ancienne coach en orientation et évoquer avec nous tous ses projets autant pro. que perso. Alors préparez-vous à recevoir une grosse dose d’énergie et de bonne humeur qui vous donneront sans aucun doute envie de passer à l’action.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Marie, j’ai 31 ans, je suis responsable développement pour AS Réseau et j’ai déjà effectué deux reconversions.

Peux-tu retracer ton parcours ?

Après le lycée, je suis partie vers le commerce, j’ai fait un DUT techniques de commercialisation à Caen, puis une licence marketing-vente, et j’ai poursuivi vers un master entrepreneuriat et commerce-management. Après mon master, j’avais envie de partir à l’étranger. Je suis donc partie vivre aux Pays-Bas où j’ai fait jeune fille au pair. En revenant, j’ai exercé le métier de conseillère de formation pour l’école dans laquelle j’avais fait mon Master. C’était l’opportunité d’avoir à nouveau un pied-à-terre en France et ça m’offrait assez de temps pour réfléchir à la suite. Je savais en prenant ce travail qu’il s’agissait d’une transition, car depuis toute petite, je veux être à mon compte. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi des études dans le commerce, mon but était d’ouvrir mon entreprise. Je n’avais simplement pas encore identifié dans quoi. 

En travaillant en tant que conseillère en formation, je me suis rendu compte qu’il y avait un gros besoin dans l’orientation et dans l’accompagnement. J’ai donc commencé à me former au coaching. En 2019, j’ai ouvert le Cabinet de Marie, un centre de bilan de compétences et d’orientation. Ça a été passionnant ! Ça m’a beaucoup apporté en maturité, en confiance en moi, mais aussi sur beaucoup de plans émotionnels. En effet, toutes les personnes que j’ai accompagnées, m’ont laissé quelque chose. J’ai grandi avec le cabinet de son lancement à sa fermeture en 2026. Aujourd’hui, je suis responsable développement pour AS Réseaux. J’anime un réseau business autour du sport composé de 30 dirigeants et décideurs locaux.

Pourquoi as-tu fermé Le Cabinet de Marie ?

Au bout de six ans, même si j’adorais ce que je faisais, je me suis dit que je ne vibrais plus autant. Je n’arrivais pas à trouver un axe d’évolution qui allait me plaire. J’avais testé des ateliers, des week-ends, recruter ne me tentait pas forcément… À un moment, je me suis dit, que je n’avais pas envie d’attendre que ça n’aille plus pour arrêter. Je voyais en bilans de compétences, les ravages que ça faisait sur des gens et je ne voulais pas vivre ça. J’ai donc pris la décision d’arrêter en sachant que ça allait, que j’aimais bien mon travail, mais je ne vibrais plus. En janvier, j’ai acté ma décision pour une fin en avril. Ce n’est pas simple de prendre la décision d’arrêter du jour au lendemain. Je n’étais pas du tout face au mur, j’avais juste envie d’autre chose sans savoir encore quoi.

Comment as-tu vécu ta reconversion en tant qu’ancienne coach en orientation ? 

J’ai partagé sur les réseaux les étapes de ma reconversion pour montrer aux gens que c’est possible de se chercher, que ce n’est pas pour autant qu’on n’est pas crédible si par la suite, on se dirige vers un autre projet. C’était important aussi pour moi de montrer qu’on a le droit à un moment de se renseigner sur un projet sans pour autant se lancer dedans. Personnellement, je suis passée par plein d’étapes ; je me suis cherchée, j’ai fait des stages, du bénévolat, j’ai songé à reprendre l’entreprise de peinture de mon père…

Dans cette période, je crois que ce qui m’a aidé, c’est d’avoir accompagné des gens qui m’ont fait confiance et qui ont fait cette transition. Leur vécu m’a permis de me dire que mes conseils étaient justes. Pour moi, se sentir heureux, c’est la base de tout. Un métier n’est qu’un métier, tant qu’on est heureux, c’est le principal. Je crois que c’était aussi ce que je m’autoriserais. Ce qui a pu m’aider dans ma transition, c’est que je me parlais à moi-même comme j’aime parler aux gens : avec douceur et entrain. J’ai bien sûr eu des moments de doute, dans ces cas-là , j’ai fait  confiance au processus. Je pense que passer par ces périodes de doute amène à la décision et permet d’être sûre de sa décision.

Pourquoi choisir de te tourner vers le salariat ?

Même si l’insécurité financière n’est pas quelque chose qui me fait peur, je savais que retourner à mon compte allait l’impliquer. À ce moment, avec mon enfant, j’avais besoin de retrouver une sécurité financière. Et puis, je me suis dit que ré-appartenir à un collectif, pouvait me faire du bien. Être dans une entreprise déjà établie, allait me permettre de ne pas trop m’essouffler.

Je savais ce que je voulais, il me fallait un poste totalement autonome et polyvalent. Pour ma part, il faut que je puisse créer et rassembler donc je me suis dirigée vers le poste de Responsable Développement. Responsable Développement, ça veut tout et rien dire, mais ça me va, car justement on peut y mettre plein de choses et sortir du cadre. 

C’est ainsi que j’ai commencé à regarder les annonces et j’ai postulé chez AS Réseaux, mes signaux émotionnels, mon intuition me disait d’y aller. Les entretiens que j’ai eus ont été fluides, et ça a matché avec Steven. Je me disais :  » j’y vais, je vois ce que ça donne et je verrai par la suite ».

Qu’est-ce qui t’anime le plus dans ton métier aujourd’hui ?

Sur le métier en lui-même, je dirais le lien que je peux avoir avec les membres et les intervenants. Le lien avec les associations sportives locales qui font un travail incroyable et que j’adore mettre en avant lors des événements. Pour moi, le sport est un vecteur de lien naturel et puissant qui permet aux dirigeants et/ou aux décideurs d’apprendre à se connaître en faisant du sport et après de créer du business ou pas. J’adore aussi l’animation, la création d’événements, comme la dernière fois où on a accueilli Alain Bernard à Caen. 

AS réseau à Caen est une création, une implantation donc tout est à construire, mais justement, c’est ça qui me plaît, et ce qu’il me fallait. C’est ce que j’aime dans ce métier, je suis dans la création et l’autonomie pour mettre en place des choses. Je choisis les associations, les structures. Par contre, il est vrai que c’est vrai dur, car je revis en quelque sorte une création d’entreprise. Néanmoins, c’est plus agréable parce qu’il y a des éléments supports sur lesquels me référer et je retrouve des collègues.

En quoi ta reconversion t’a permis de te reconnecter à toi ?

Le sport a toujours fait partie de ma vie et de ma vie de famille. Mon père était jusqu’à ses 18 ans footballeur au stade Malherbe, mon grand-père Arturo Samassa a été dirigeant du stade Malheur pendant 40 ans. Le foot, j’en ai entendu parler comme sujet numéro un dans les repas de famille. Pour moi, c’est un vecteur de liens et d’émotions. Personnellement, j’ai toujours fait du sport, j’ai toujours adoré le dépassement de soi, l’énergie du collectif… 

En devenant maman, j’ai mis tout mon monde autour de mon fils. Je ne regrette pas du tout, mais c’est vrai qu’en mettant tout son monde autour de son enfant, on s’oublie forcément, professionnellement, sportivement. Ma reconversion, je pense a mis un coup de pied dans la fourmilière et m’a conduit à me remettre au cœur de ma vie. AS réseau a réveillé ça aussi. Le sport a toujours fait partie intégrante de ma vie. Je n’en faisais pas juste pour de l’entretien, je pratiquais une activité sportive, car c’était le dépassement de moi et que mon identité passait aussi par là. Aujourd’hui je suis contente, car le sport fait partie de mon quotidien, je vois une évolution et ça me fait du bien. 

Un jour, Cyril, un membre d’AS Réseaux, m’a dit “si tu veux courir, cours 1 kilomètre et si tu veux changer ta vie, cours un marathon.”. Cette phrase résonne encore aujourd’hui. Du coup, je me suis inscrite au marathon de la liberté. Je crois que je suis en train de changer ma vie en quelque sorte. Je commence à assembler tous les puzzles en fait de mon identité et je sens que je suis à ma place. 

Quels sont tes plus gros challenges actuellement ?

En tant que professionnel, le challenge va être d’animer un réseau, de réussir à ce que chacun se sente bien dans le réseau, que chacun y trouve sa place. Clairement, c’est une forme de management. Pour moi, c’est hyper important que chacun se sente intégré, que chacun puisse se dire “Je fais partie de l’équipe” que personne ne soit mis à l’écart. Le deuxième challenge je dirais, c’est que chaque membre passé un bon moment ! Parce que je prends sur leur temps de travail ou leur temps personnel. Je leur dois de passer un bon moment, un moment sincère et authentique. Ça, c’est mon gros challenge pro.

Mon challenge de femme, c’est de trouver un équilibre entre tous mes rôles, tout mon puzzle. À la fois de m’accomplir en tant que maman, d’être présente, de me sentir à ma place. À la fois aussi de m’accomplir dans mon travail et d’enlever la culpabilité de parfois, ne pas être présente le soir du fait des événements que j’organise. Et puis d’un point de vue sportif, de m’accomplir aussi, car j’y ai le droit. C’est dur en tant que maman, je trouve de se dire qu’on a le droit aussi d’exister autrement.

Quels conseils donnerais-tu à une femme qui souhaiterait passer de l’entrepreneuriat au salariat ?

Pour ma part, je me suis tournée vers le salariat, pas uniquement d’un point de vue de la sécurité financière. Il fallait que j’aime mon métier. Quand on est à son compte, normalement, on a décidé d’aller vers un métier passion, vers quelque chose que l’on aime. Donc, pour moi, il faut conserver ça, partir de là et se demander après “qu’est ce qui est important pour moi”. Est-ce que c’est de retrouver des collègues ? Être autonome ? Après le conseil que je donnerais, c’est de faire un bilan de compétences avec le cabinet Inüa

Quels conseils donnerais-tu à une femme qui souhaiterait se reconvertir ? 

Je pense qu’avant tout, il faut se recentrer sur soi. Avant de se dire « qu’est-ce que j’ai envie de faire comme métier ? « , se demander “qui j’ai envie d’être ?”. Et à partir de là, travailler sur ce qui va permettre de devenir qui l’on veut être ou en tout cas de stabiliser qui l’on est. Et se rappeler que le regard des autres ne définit pas qui nous sommes. On a le droit de devenir quelqu’un d’autre si l’on sent que c’est ça vers quoi on veut aller.

Marie & AS Réseaux 

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