Charlotte est une femme passionnée avec qui je pourrais échanger des heures tant son dynamisme est contagieux. Animée par son envie d’apprendre l’anglais au plus grand nombre, elle a réalisé son rêve d’ouvrir une école à Caen. Depuis l’ouverture de son premier centre, elle n’a cessé d’évoluer professionnellement. Entre rencontre, lecture et formation, Charlotte a toujours mis un point d’honneur à continuer d’acquérir de nouvelles compétences pour accompagner ses équipes et la croissance de son entreprise. Aujourd’hui elle raconte sa carrière comme une histoire, chapitre après chapitre où les challenges se succèdent et où le rêve après être devenu réalité ne cesse de grandir. Après l’ouverture des Petits Bilingues et des Pros Bilingues sur Caen, Charlotte est aujourd’hui la directrice de trois centres où il fait bon apprendre l’anglais.
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Charlotte Frugère, j’ai 33 ans et j’ai pour mission de faire aimer et parler l’anglais dès l’âge d’un an jusqu’à 99 ans ! J’ai un parcours de professeur des écoles qui m’a finalement amené à vouloir ouvrir ma propre école d’anglais.
Quel métier exerces-tu aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je suis cheffe d’entreprise d’une structure qui s’appelle Les Petits Bilingues et Les Pros Bilingues. C’est comme si j’avais quinze métiers que j’exerce à la fois. Je suis à la fois RH, prof, manager, réceptionniste, femme de ménage, experte-comptable… C’est ce qui me plaît car tous les jours, j’apprends de nouvelles choses. Je ne suis pas la même personne que j’étais il y a deux ans, trois ans, cinq ans et je ne serais pas la même dans 1 an ou 5 ans. Mon métier évolue constamment aussi bien avec les nouveaux challenges que je me fixe qu’avec les nouveaux besoins de la société. Aujourd’hui, j’accepte de dire fièrement que je suis une cheffe d’entreprise.
Peux-tu retracer ton parcours ?
J’ai un parcours plutôt traditionnel, j’ai fait une licence, puis un master pour être professeure des écoles, car l’enseignement me passionne, c’était donc la suite logique. À la fin de mon Master, arrive un peu de regrets de ne pas avoir fait Erasmus, de ne pas avoir profité de ces années pour voyager et apprendre encore plein de choses. Je pense que je n’avais pas envie de rentrer dans le rythme métro, boulot, dodo. Surtout qu’en tant que professeure, il y a quelque chose d’assez routinier, tout est déjà très tracé. Je n’avais pas envie à 21 ans de me dire que tout était déjà planifié pour moi.
J’ai donc cherché un poste à l’étranger pour pouvoir travailler et continuer de développer des compétences. J’ai trouvé un poste à Varsovie en Pologne dans une école bilingue et cette expérience m’a transformée. Ça m’a transformé parce que c’était la première fois que j’étais responsable de moi-même de A à Z, pas de famille, pas d’amis, personne sur place ; c’était un autre pays, une autre langue. Tout était compliqué et nouveau. Ça m’a permis de me rendre compte que j’étais capable de m’adapter. Ça m’a aussi permis de découvrir l’impact de l’apprentissage d’une langue étrangère à un public très jeune et de voir les impacts “magiques”. Des enfants en grande section qui sont déjà capables de parler deux langues grâce à l’immersion linguistique et une pédagogie alternative via des jeux et des activités variées. De l’avoir pratiqué, de l’avoir vécu, j’ai trouvé ça magique !
Cette école avait été créé par deux femmes. Elles ont commencé par créer une école dans un garage puis l’année d’après elles ont pris un local, ensuite elles ont eu deux classes et quand je suis arrivée dans l’école maternelle, elles étaient en train de monter une école primaire.
En découvrant leurs parcours, j’ai commencé à m’autoriser à rêver et à me dire « en fait si tu écoutes au fond de ton cœur, ce dont tu rêves c’est d’ouvrir une école. Ce serait fou de pouvoir faire ça. ».
Comment t’es venue l’idée d’ouvrir Les Petits Bilingues ?
Quand je suis rentrée en France, je me suis dit que j’allais essayer de voir si je pouvais m’approcher de mon rêve d’ouvrir une école, parce qu’en fait pourquoi pas. J’ai commencé à chercher comment monter une école, puis je suis tombée sur le groupe des Petits Bilingues. Même si ce n’est pas une école à 100 % car on n’accueille pas les enfants toute la journée sur toute la semaine, cela me permettait de créer un centre d’apprentissage en accord avec mes valeurs et ma vision de la pédagogie. Et puis surtout d’être accompagnée parce que je n’avais aucune compétence en gestion d’entreprise, c’était totalement nouveau. Partir avec une franchise m’assurait d’avoir un business model qui avait été éprouvé par d’autres, avoir un accompagnement, une formation initiale, quelqu’un à appeler au besoin…
Qu’est-ce qui t’a aidé à franchir le cap ?
Ce qui m’a vraiment aidé, je dirais que c’est surtout les rencontres.
Avec Les Petits Bilingues, il a un système de parrainage, j’ai donc passé trois jours dans un centre, avant d’ouvrir le mien. Il y avait un côté très “vie ma vie d’entrepreneur”. Je me suis dit que j’allais avoir vraiment toutes les clés en main. Il y avait aussi leur vision qui m’a plu. Je trouvais l’offre qu’ils proposaient intelligente, bien pensée, les valeurs et la pédagogie correspondaient vraiment à ce que je voulais faire.
Le fait de faire partie d’un groupe me rassurait, avoir des pairs sur qui je peux m’appuyer au besoin, mais aussi une tête de réseau qui allait m’aider dans mon lancement. Finalement, je me suis dit que je n’étais pas plus bête qu’un autre donc qu’il n’y avait pas de raison que je n’y arrive pas à partir du moment où d’autres y parvenaient. Je me suis donc lancée !
Avais-tu des craintes, des peurs particulières en débutant ?
En fait, plus ma structure grandit, plus j’ai peur. Au début, quand j’ai décidé d’entreprendre, je viens de rentrer en France, je n’ai pas de crédit, pas d’enfant, pas de charge. Sur la première année de ma structure, je sais que je n’ai pas à me verser de salaire, car j’ai la possibilité de percevoir mes allocations chômage. Donc, en fait, je n’ai pas très peur. Je me dis qu’il y a certes l’investissement, mais si jamais je me plante, je suis capable de payer le crédit. Ça m’a finalement rassurée et puis je n’étais pas toute seule, j’avais un groupe avec la franchise. Il n’y avait pas de raison que je n’y arrive pas à partir du moment où j’allais travailler et m’investir. On est tous capables de faire plein de choses, c’est juste de l’apprentissage.
Finalement, c’est plus maintenant que la peur s’installe, avec une équipe qui grossit et les établissements qui s’ajoutent.
Pour toi c’est quoi apprendre une langue ?
Pour moi développer une compétence linguistique, c’est aussi se développer en tant que personne et prendre confiance en soi. Dans cette école j’ai vu grandir des enfants gentils, ouverts sur a diversité, qui sont dans l’entraide, qui développent des compétences sociales et de confiance en soi. Apprendre une langue, c’est apprendre à écouter l’autre et à s’y intéresser…
Aujourd’hui à quoi ressemble ton entreprise ?
Actuellement, j’ai trois centres : Caen, Douvres-la-Délivrande et Bayeux.
J’ai une entreprise qui regroupe différentes activités : les Petits Bilingues pour les enfants et adolescents, Les Pros Bilingues pour les adultes et les entreprises, School is Cool pour les écoles et Nanny Agency pour la garde d’enfant en anglais et les cours à domicile. C’est pour ça que je te dis que j’exerce 15 métiers à la fois, c’est très varié et c’est ce que j’adore.
Aujourd’hui, j’ai une équipe composée de 22 personnes qui travaillent avec moi (formateurs, enseignants, nannies, admins…). Mon équipe, ce sont des personnes qui partagent ma vision et mes valeurs ; des valeurs de partage, de transmission et de progression. J’ai une super équipe qui partage ma mission : accompagner tous les publics dans un apprentissage de l’anglais en immersion linguistique et avec plaisir.
Comment tu accompagnes ton évolution en tant que cheffe d’entreprise ?
Les rencontres que je fais m’aident beaucoup, mes formations et mes lectures aussi. Ça m’aide à définir mes objectifs, ce que j’ai envie d’accomplir, et ce à quoi m’attendre. C’est hyper important de s’entourer. Aujourd’hui, je suis un pilote avec une carte.
Chaque année amène de nouvelles problématiques et de nouveaux besoins. Il y a un an et demi, j’ai commencé un coaching, car j’avais besoin de comprendre mes peurs et m’aider à m’organiser dans mon travail. Ça m’a permis d’identifier mes drivers et d’agir dessus, même si ça ne se fait pas en un claquement de doigts. Je travaille aussi sur mon syndrome de l’imposteur, je prends conscience de toutes les croyances que je peux avoir et je tente de les entendre et les déconstruire.
Avec l’entreprise qui s’est développée, j’ai aussi besoin de me structurer. J’ai réalisé une formation de bilan entrepreneurial pour savoir où j’en étais dans ma gestion d’entreprise. J’ai aussi suivi une formation RH et actuellement, je suis en train de voir pour entamer une formation sur la gestion du temps et des priorités parce que j’ai besoin de mieux m’organiser et mes équipes aussi.
Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ta situation actuelle ?
Ce que j’aime par-dessus tout, c’est cette sensation d’écrire, chapitre après chapitre, une véritable histoire. À travers l’apprentissage et les liens noués avec les professeurs, nous contribuons à écrire des moments marquants dans la vie de chacun.. Malgré la fatigue et le stress, j’aime profondément ce que je fais. Et aujourd’hui, je suis incroyablement heureuse du chemin parcouru.
Quel est ton plus gros challenge actuellement ?
C’est de prendre soin de moi. C’est réussir à trouver un équilibre entre ma vie professionnelle et personnelle. La seule personne que j’oublie entre mon entreprise et mes proches, c’est moi. Dès que j’ai du temps libre, c’est le boulot. C’est bien, mais je veux trouver quelque chose de plus sain et prendre soin de moi. J’ai compris aujourd’hui que mon bien-être reste la priorité numéro un. J’ai conscience qu’un jour, si je ne vais pas bien, la répercussion ne sera pas juste sur ma personne, mais va impliquer du monde, une structure donc je ne veux surtout pas en arriver là. J’ai conscience maintenant que je suis une cheffe d’entreprise et que j’ai des responsabilités, ill faut que j’aille bien. Aujourd’hui, je ne vais plus sur site tous les jours et je commence de plus en plus à déléguer, à apprendre à prendre soin de moi, à me féliciter, à célébrer mes victoires, à célébrer là où j’en suis et ne pas toujours voir l’étape d’après.
Aujourd’hui dans quel état d’esprit es-tu ?
Je suis des fois en haut, des fois en bas ! Mais en ce moment, je commence vraiment à prendre soin de moi, j’ai vraiment la sensation de faire un pas en avant. Je suis bien, il y a beaucoup d’enjeux qui arrivent mais je suis bien parce que je sais que j’ai toujours l’envie
Quels conseils donnerais-tu à une femme qui souhaiterait sauter le pas de l’entrepreneuriat ?
Il faut y aller ! Si on a envie de quelque chose, on est capable de tout.
Je trouve qu’aucune décision ne devrait être motivée par la peur. Donc si quelqu’un a envie d’aller vers l’entrepreneuriat, il faut y aller. Pour moi, un entrepreneur, c’est quelqu’un qui a une passion et qui a envie de partager sa passion, il faut que ça vienne du cœur.
Les Petits Bilingues & les Pros Bilingues
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